Récupération de la chaleur des eaux de drainage

  

On chauffe l’eau puis on l’envoie directement à l’égout. C’est ce qui arrive quand on prend une douche, non?

Bon, j’en conviens, on veut une eau d’une température confortable, surtout en hiver. Mais on n’est pas obligé d’envoyer cette belle chaleur à l’égout. La solution est d’installer un échangeur de chaleur qui capte la chaleur résiduelle des eaux usées et préchauffe l’eau chaude sanitaire.

Ici, l’eau qui vient du puits entre dans le chauffe-eau à 15 °C. On chauffe moins l’eau et on chauffe moins d’eau. Poursuivez la lecture.

Le petit schéma ci-dessus illustre bien l’installation qui est très simple. Au moins trois entreprises fabriquent des récupérateurs de chaleur qui sont pratiquement tous identiques. Un tuyau de cuivre de deux ou trois pouces de diamètre et environ trois pieds de longueur est raccordé directement au siphon sous la douche.

Un serpentin de cuivre est soudé autour de ce tuyau vertical pour une bonne conduction thermique. On raccorde l’eau froide en bas du serpentin et la sortie du haut est raccordée au chauffe-eau.

L’eau chaude qui est évacuée de la douche s’écoule le long de la paroi intérieure du tuyau de cuivre. La chaleur est transmise à l’eau froide qui circule dans le serpentin. Bien sûr, il n’y a pas de contact entre l’eau qui est évacuée de la douche et l’eau domestique qui passe dans le serpentin.

Nous avons installé un système avec un tuyau de trois pouces de diamètre et trois pieds de longueur. Pour avoir une idée du fonctionnement du système, j’ai mesuré la température pendant qu’une autre personne prenait une douche.

Début avril 2012, l’eau de mon puits arrivait à 8 °C dans la pièce où j’ai le récupérateur de chaleur et le chauffe-eau. Après avoir traversé le serpentin, cette même eau était réchauffée à 18 °C. Après un parcours de quelque douze pieds, elle entrait dans le chauffe-eau à 15 °C.

L’eau entre dans le chauffe-eau à 15 °C au lieu de 8 °C. Donc, on chauffe moins l’eau.

De plus, on chauffe moins d’eau parce que la même eau préchauffée est acheminée aussi aux robinets d’eau froide partout dans la maison – sauf le robinet de cuisine qui reçoit l’eau directement du puits. Si l’eau froide de la douche est moins froide, ça prendra moins d’eau chaude pour obtenir une température confortable pour la douche. On chauffe moins d’eau.

On peut bien sûr brancher plus d’une source au récupérateur. Ici, on a raccordé deux lavabos en plus de la douche.

Le récupérateur de chaleur est considéré par plusieurs comme l’investissement le plus rentable d’une maison écoénergétique.

Sur la photo, on voit que le tuyau d’eau froide qui vient du puits est isolé R-4. De cette façon, on a beaucoup moins de possibilités de condensation sur ce tuyau d’eau très froide en période de canicule. Un autre avantage du récupérateur de chaleur est que si l’eau froide est à 15 ‘C au lieu de 8 °C, il y aura moins, en fait pas de condensation. Bien sûr, tous les tuyaux d’eau chaude sont isolés R-4  sur toute leur longueur du chauffe-eau à chacun des robinets.

La prochaine fois, je parlerai de murs à double ossature.

Dimensions des pare-soleil

schéma des pare-soleil

Pour maximiser le chauffage solaire passif, on a orienté la maison plein sud avec une abondante fenestration – sur le mur sud bien sûr. Mais attention, on veut chauffer la maison en hiver, pas en été.

Il faut alors prévoir des pare-soleil qui bloqueront les chauds rayons du milieu de la journée en été. (Cliquer sur « schéma des pare-soleil » pour voir le schéma.) On sait que le soleil est beaucoup plus haut dans le ciel à midi au solstice d’été qu’au solstice d’hiver. En fait, ici à Stratford, l’angle d’incidence des rayons du soleil à midi le 21 juin est de 68° par rapport à l’horizontale. Le 21 décembre, cet angle n’est plus que de 21°.

L’illustration au début de ce texte le démontre bien : on peut bloquer la totalité des rayons solaires du milieu de la journée le 21 juin et avoir quand même 90 % du vitrage exposé aux rayons solaires de midi le 21 décembre.

J’ai montré un angle de 58° sur le schéma. Laissez-moi vous expliquer.

Pour inciter les constructeurs à planifier la maison correctement, le système LEED inclut un critère dans la catégorie Innovation et processus de conception qui précise la mesure suivante : « Au moins 90 % du vitrage du mur donnant sur le sud est complètement ombragé (à l’aide de pare-soleil, surplombs ou autre mesure) à midi le 21 juin et non ombragé à midi le 21 décembre ».

Pas compliqué, il suffit de prendre une coupe du mur sud, de tracer un rayon solaire à 68° et de déterminer la longueur du débord de toit ou du pare-soleil. Mais… j’ai discuté, entre autres, des pare-soleil avec un expert en énergie de la Société canadienne d’hypothèques et de logement. Il m’a fait prendre conscience que la journée la plus chaude de l’été n’est pas forcément la journée la plus longue, soit le 21 juin, mais probablement entre le 15 et le 30 juillet.

J’ai réalisé que l’inclinaison du soleil à midi ne change pas beaucoup au milieu de l’été. Le 15 mai et le 15 août, l’angle est d’environ 58°. J’ai alors décidé d’allonger le débord de toit de 5 po pour avoir 100 % du vitrage à l’ombre à midi du 15 mai au 15 août. Le 21 juin, mon pare-soleil cache 100 % du rayonnement solaire direct entre 9 h 45 et 13 h 45.

Je ne crois pas être allé trop loin dans cette direction puisque à midi le 21 décembre, j’ai quand même 90 % du vitrage exposé au rayonnement solaire direct.

Vue sur l’extérieur… Certains pourraient craindre qu’un pare-soleil masque trop les fenêtres et réduise sensiblement la vue sur l’extérieur. Pour démontrer que ce n’est absolument pas le cas, j’ai ajouté une photo prise d’une position assise à moins de deux mètres des fenêtres.

Pour finir, les pare-soleil peuvent s’intégrer au style architectural et même apporter un élément de décoration sur un grand mur comme on peut le voir sur la photo jointe à mon premier texte, le 6 septembre.

Dans le prochain texte, je parlerai de l’échangeur de chaleur qui capte la chaleur résiduelle des eaux usées et préchauffe l’eau chaude sanitaire.

Chauffage solaire passif

Dans un article antérieur, je parlais d’un aspect de notre construction qui nous a vraiment frappés : le chauffage solaire passif.

Nous avons orienté la maison plein sud, ça allait de soi. Nous avons opté pour l’excellence : une fenestration efficace, étanche, sans pont thermique, à triple vitrage, double argon et double couche à faible émissivité.

Un autre aspect essentiel a été de munir toutes les fenêtres orientées plein sud de pare-soleil qui coupent le rayonnement solaire direct en été. Je parlerai des dimensions des pare-soleil une autre fois.

Avant de commander les portes et les fenêtres, j’ai demandé qu’on me donne les dimensions exactes du vitrage de chaque composante pour pouvoir rencontrer les conditions du crédit 1 de la catégorie Innovation et processus de conception. Je tenais à m’assurer que « la superficie du vitrage des murs du bâtiment donnant sur le nord et le sud soit au moins 50 % plus grande que la superficie totale du vitrage des murs donnant sur l’est et l’ouest ».

Après notre installation, j’ai vérifié l’efficacité du chauffage solaire passif en utilisant un thermomètre infrarouge. Ces petits appareils sont maintenant très accessibles. On pointe le rayon laser sur une surface et on lit immédiatement la température sur l’affichage digital.

Nous avons été enchantés par les mesures prises le 15 janvier 2012. Il faisait beau soleil. La température extérieure était de -17,5 °C. La surface intérieure du vitrage du mur sud non exposé au soleil était à 19 °C. Très encourageant suite à l’investissement quand même important pour nos fenêtres à haute performance.

La mesure suivante est encore plus satisfaisante : la température de la partie ensoleillée du vitrage était de 27 °C (!) Le vitrage chauffe l’air ambiant ! Quand on sait que le soleil est bas en hiver et frappe la très grande majorité du vitrage, cet apport de chauffage solaire passif est significatif.

On a refait les mesures le 19 janvier avec une température extérieure de -19 °C. Le vitrage non exposé au soleil était aussi à 19 °C tandis que la partie exposée au soleil était à 25 °C, et ce à 10 h du matin.

Le prochain texte parlera des dimensions des pare-soleil.

Nouvelles exigences du Code du bâtiment du Québec

La Régie du bâtiment du Québec a publié une information extrêmement bien ficelée, voir le lien plus bas. La page web contient une présentation détaillée style PPoint de 118 pages (!) et cinq capsules d’information d’environ huit minutes chacune.

On y traite d’une façon claire de la couverture des ponts thermiques, de l’étanchéité à l’air, des planchers en porte-à-faux, des performances des fenêtres, et des matériaux à faible perméance.

Il s’agit du « Règlement sur l’efficacité énergétique » qui est entré en vigueur le 30 août 2012. C’est une transition importante attendue depuis longtemps par les adeptes de construction durable. Ce qu’on voit maintenant, c’est une obligation pour toute nouvelle construction d’au plus 600 m2 de rencontrer les niveaux de performance des maisons Novoclimat. Ce qui est clairement démontré à la page 13 de la présentation PPoint. À l’exception de l’infiltration parce que la nouvelle réglementation n’impose pas de taux de changement d’air à l’heure.

Si on extrapole, on verra peut-être un jour une évolution vers des exigences plus sévères en matière de performance. Ça prendra encore plusieurs années. On est encore loin des niveaux de R-2000.

Voici une petite comparaison sous forme de tableau :

Isolation du toit

Isolation des murs

Fuite d’air maximal*

Novoclimat

R-41

R-24,5

2,5

R-2000

R-51

R-29

1,5

Nouvelle règlementation   –

R-41

R-24,5

s/o

Nouvelle règlementation   +

R-51

R-29

s/o

Ma maison

R-60

R-40

0,77

* changements d’air à l’heure à 50 Pascals; test d’infiltrométrie non obligatoire sous la nouvelle règlementation

– bâtiments situés dans une municipalité dont le nombre de degrés-jours sous 18°C est de moins de 6000 en Celsius (presque tout le QC incluant Chicoutimi et Gaspé; à Stratford, c’est 5396)

+ bâtiments situés dans une municipalité dont le nombre de degrés-jours sous 18° C est d’au moins 6000 (Amos, Gagnon, Schefferville)

La nouvelle règlementation parle beaucoup des ponts thermiques, surtout au niveau de la structure des murs, normalement les 2×6, et au niveau des solives de rive. En général, les constructeurs portent une attention particulière à cet aspect surtout pour les solives de rive ou les bouts de poutrelles de plancher, où on met souvent du polyuréthane giclé – ce qu’on a fait ici, bien sûr. En plus, nous avons spécifié des murs à double ossature, ce qui se voit bien moins souvent.

Vous aurez compris que la nouvelle réglementation est bien en deçà du système LEED – bien que LEED ne prescrive pas de mesures. (Vous le savez déjà, LEED alloue des points, comme à l’école, si on fait bien les choses.) En effet, la nouvelle règlementation ne parle pas de matériaux verts, de réduction des déchets de construction, d’aménagement écologique des sites, d’éviter l’étalement urbain, d’économiser l’eau, etc.

http://www.rbq.gouv.qc.ca/batiment/la-formation/efficacite-energetique/survol-du-reglement-sur-lefficacite-energetique.html

En général, les maisons LEED sont toutes différentes

Dans ce blogue, je décris « une » maison LEED. Elles sont toutes pas mal différentes. Sauf dans le cas d’un projet multi-logements d’un promoteur, comme à Lac Mégantic par exemple. En général, la maison est un projet unique qui prendra la couleur que voudra bien lui donner l’architecte ou le constructeur. Ou le propriétaire – ce qui est notre cas.

Le système d’évaluation des bâtiments durables LEED Canada pour les habitations n’est pas un compendium de mesures prescrites. Il y a quelques mesures obligatoires, comme l’installation de fenêtres ENERGY STAR et concevoir un apport d’air frais. Le système décrit précisément les critères, regroupés en huit catégories, qui permettent d’accumuler des points. Comme à l’école, si on agit bien, on gagne des points.

Plus on accumule de points pour un total de points disponibles de 136, plus le niveau de certification est élevé. Les niveaux sont certifié, argent, or ou platine, à la condition d’avoir accumulé respectivement 45, 60, 75 ou 90 points. Ces niveaux sont ajustés à la baisse si on construit une maison plus petite que la moyenne pour un nombre de chambres donné. L’idée est d’encourager la construction d’une maison qui coûtera moins cher à construire et à chauffer. Et ils sont ajustés à la hausse pour une maison plus grande que la moyenne.

Les maisons sont différentes. Pour notre part, nous avons commencé en faisant un croquis des pièces centrales de la maison. Puis nous avons consulté un architecte. Dès le départ, nous voulions une isolation au-dessus des normes, une maison extrêmement étanche, une orientation sud pour profiter du chauffage solaire passif, des planchers radiants, récolter l’eau de pluie, installer un échangeur de chaleur qui capte la chaleur résiduelle des eaux usées et préchauffe l’eau chaude sanitaire, etc.

Mais nous avons laissé de côté des options comme l’énergie solaire, ou la géothermie qui demandent un investissement initial important.

Tout ça pour dire que ce n’est pas l’architecture ou le style de la maison qui importe. C’est surtout dans la façon de travailler en choisissant des matériaux verts ou recyclés, en évitant les pertes de matériaux, en produisant le moins de rebuts possible, en utilisant un éclairage qui économise l’énergie, etc. C’est surtout sur ces aspects que j’insiste en faisant visiter notre maison.

Une première dans le sud-est du Québec : une habitation écoénergétique qui obtient la certification LEED Platine

Comme je le mentionnais dans mon article précédent, nous avons construit vert.  Je rappelle les huit catégories de critères du système d’évaluation des bâtiments durables LEED Canada pour les habitations :

  1. Innovation et processus de conception
  2. Emplacement et liaisons
  3. Aménagement écologique des sites
  4. Gestion efficace de l’eau
  5. Énergie et atmosphère
  6. Matériaux et ressources
  7. Qualité des environnements intérieurs
  8. Sensibilisation et formation

Je décris ici l’essentiel des aspects écologiques de notre projet. Ça pourra paraître très technique mais je compte parler plus en détails dans les semaines qui viennent de certains points comme ce que nous avons fait concernant l’eau de pluie ou les dimensions des pare-soleil.

L’information suivante est ordonnée selon les huit catégories de critères.

La construction a été complétée à l’automne 2011 et nous l’occupons depuis. Le chauffage solaire passif est l’aspect qui nous a frappés le plus. En effet, nous avons orienté la maison plein sud avec une grande fenestration. Nous avons opté pour l’excellence : une fenestration efficace, étanche, sans pont thermique, à triple vitrage, double argon et double couche à faible émissivité. Un autre aspect essentiel a été de munir toutes les fenêtres orientées plein sud de pare-soleil qui coupent le rayonnement solaire direct en été.

Une autre raison d’être fiers : cette réalisation établit pratiquement un record dans la catégorie de critères sur la Qualité des environnements intérieurs. L’objectif est d’améliorer la qualité de l’air intérieur en réduisant la production de matières polluantes et l’exposition à de telles matières. Toutes les mesures suivantes ont été prises : un ventilateur récupérateur de chaleur à haute performance jumelé à un filtre central certifié HEPA (High Efficiency Particulate Arrestor), extraction de l’air humide des salles de bain contrôlée par des minuteries automatiques, un foyer au bois certifié par l’EPA (Environmental Protection Agency), un dispositif de contrôle du monoxyde de carbone installé à chaque étage, un aspirateur central qui évacue vers l’extérieur, une protection contre le radon incluant une membrane sous la dalle et un système de dépressurisation actif sous la membrane, un essai de rendement par une tierce partie, un garage détaché de la maison.

Catégorie Innovation et processus de conception : plan de durabilité détaillé préparé à l’avance et signé par l’entrepreneur général, maison orientée au sud pour profiter du chauffage solaire passif, grande toiture prête pour une application solaire, superficie de vitrage nord et sud 50 % plus grande que la superficie est et ouest, 100 pour cent du vitrage donnant sur le sud ombragé à midi du 15 mai au 15 août à l’aide de pare-soleil, vide allant de la salle mécanique jusqu’aux combles en prévision de l’installation d’un chauffe-eau solaire.

Catégorie Emplacement et liaisons : avec l’objectif de situer la maison de manière responsable sur le plan social et environnemental en relation avec la collectivité élargie. Par exemple, choisir un emplacement en bordure de terrains déjà aménagés, et à proximité des ressources communautaires. Par choix d’un milieu de vie pour notre retraite, notre environnement ressemble plutôt à un endroit de villégiature, alors notre projet n’a pas fait long feu sur cet aspect…

Catégorie Aménagement écologique des sites : autrement dit, réduire au minimum l’impact du projet sur le site. On a placé la terre arable de côté en vue de sa réutilisation, installé des clôtures antiérosion, aucun gazon en plaques, semis de trèfle partout, préservation et plantation d’arbres pour maintenir ombragés au moins 50 % des trottoirs, terrasses et entrées, géré les eaux de surfaces pour les acheminer vers un jardin pluvial.

Catégorie Gestion efficace de l’eau : pratiques visant à économiser l’eau, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’habitation. On a installé un système de collecte des eaux pluviales pour l’arrosage extérieur et un système de réutilisation des eaux grises pour alimenter les toilettes, un système d’arrosage de plates-bandes avec des tuyaux suintants et des minuteries, des toilettes à double chasse et des robinets à faible débit.

Catégorie Énergie et atmosphère : structure à double ossature permettant d’installer 9,5 pouces de cellulose dans tous les murs pour une valeur R de 40, 16 pouces de cellulose dans le toit pour R-60, enveloppe extrêmement bien scellée avec 0,77 RAH (renouvellement d’air par heure, comparé à la norme Novoclimat qui exige moins de 2,5 RAH), fenêtres de qualité exceptionnelles, planchers radiants pour le confort, grande masse thermique avec planchers de béton et isolation des fondations par l’extérieur, distribution efficace de l’eau chaude en minimisant les longueurs des tuyaux et en les isolant sur toute leur longueur du chauffe-eau jusqu’à chacun des robinets, un échangeur de chaleur qui capte la chaleur résiduelle des eaux usées et préchauffe l’eau chaude sanitaire, lampes DEL (diodes électroluminescentes) presque partout, électroménagers et ventilateurs ENERGY STAR.

Catégorie Matériaux et ressources : gestion des commandes et de l’utilisation des matériaux pour minimiser les pertes, contre-plaqués des planchers certifiés FSC (Forest Stewardship Council), plancher de bambou FSC, planchers de céramique recyclée à 50 %, lambris extérieur en pin torréfié local, cœurs de porte utilisés comme isolant sous la dalle et sur les murs de fondation, peinture des murs et plafonds sans COV (composés organiques volatils), armoires de cuisine en aggloméré vert sans formaldéhyde et finition en placage de bois verni sans COV, calfeutrage sans COV, garde-corps en acier recyclé, réduction maximale des déchets de construction (84 % des déchets détournés des sites d’enfouissement).

En voyant le résultat final, nous sommes satisfaits d’avoir complété un projet d’une maison d’allure contemporaine. Nous avons démontré qu’il n’était pas nécessaire de se limiter au style rustique pour accumuler un grand nombre de points dans le système LEED.

L’excellente collaboration de l’entrepreneur général – Construction Uni-Toit de Stornoway – a sûrement contribué au sentiment de réussite. Presque tous les professionnels n’avaient pas travaillé sur un projet LEED avant celui-ci de sorte que notre travail de recherche et de coordination a apporté une contribution significative à la sensibilisation et la formation de spécialistes et de fournisseurs de Sherbrooke à Thetford Mines en passant par Lac Mégantic.

Pourquoi obtenir la certification LEED Canada pour les habitations?

Deux ans après avoir pris ma retraite et après avoir habité plus de trente ans dans l’Outaouais, mon épouse et moi décidons de revenir dans notre région d’origine, dans les Cantons-de-l’Est. Et nous décidons de construire vert.

Au tout début du processus de conception de notre nouvelle demeure, nous avons décidé de devenir membre du Conseil du bâtiment durable du Canada (CBDCa) et d’inscrire notre projet en vue de la certification LEED. Nous visions la certification la plus élevée, soit le niveau Platine.

Pourquoi obtenir la certification LEED?

D’abord pour nous donner un défi. On avait résolument l’intention de démarrer une projet durable, responsable. Alors pourquoi pas se donner une cible élevée, précise, bien documentée, qui touche tous les aspects de la construction.

Je parlerai de notre projet – avec d’autres photos – plus tard, mais parlons d’abord des caractéristiques et des avantages des habitations LEED.

LEED

Le label Leadership in Energy and Environmental Design (LEED) est une marque déposée du U.S. Green Building Council utilisée au Canada sous licence par le CBDCa. La première maison LEED Platine a été certifiée au Canada en 2007. À ce jour, seulement quatorze habitations québécoises peuvent se targuer d’avoir la certification LEED Platine.

Le système d’évaluation des bâtiments durables LEED Canada pour les habitations comprend quatre niveaux de certification, certifié, argent, or et platine. Ces niveaux correspondent au nombre de crédits obtenus dans huit catégories de critères :

  1. Innovation et processus de conception
  2. Emplacement et liaisons
  3. Aménagement écologique des sites
  4. Gestion efficace de l’eau
  5. Énergie et atmosphère
  6. Matériaux et ressources
  7. Qualité des environnements intérieurs
  8. Sensibilisation et formation

Les avantages

La certification LEED inclut un processus rigoureux d’inspection par une tierce partie. Elle constitue une preuve sans équivoque au constructeur de l’habitation, au propriétaire, au public en général que le projet de construction a atteint ses objectifs environnementaux et que les différentes caractéristiques de l’habitation atteignent les niveaux de performance tel que planifié.

Ce système a l’avantage d’être une référence neutre pour la reconnaissance des bâtiments durables. Aussi, puisqu’il force à documenter les caractéristiques écologiques des maisons et les mesures prises pour assurer sa durabilité, il assure une valeur de revente à la maison et sécurise les banquiers et assureurs.

Je suis convaincu qu’une construction écoénergétique certifiée LEED est un bon placement. D’ailleurs, des études américaines montrent déjà que sur certains marchés, les maisons certifiées se revendent 8% plus cher et restent moins longtemps sur le marché que des maisons équivalentes non certifiées.

Les maisons LEED consomment moins d’énergie, d’eau, et de ressources naturelles. Elles produisent moins de déchets et sont plus saines et confortables pour leurs occupants.

Cela entraîne des factures d’énergie moindres tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et en minimisant les polluants à l’intérieur de la maison. Le coût net pour le propriétaire d’une maison LEED se compare généralement au coût d’une maison conventionnelle.

L’énergie

Le logement consomme presque 20% de l’énergie au Canada, et dégage presque 20% des émissions totales de gaz à effet de serre. Les bâtiments consomment 54 pour cent de l’énergie consommée en Amérique du Nord, non seulement en les opérant, mais aussi dans l’extraction, la fabrication, et le transport de leurs matériaux de construction.

L’habitation écologique consomme moins d’énergie, permettant ainsi des économies substantielles en chauffage et en électricité. Pour maximiser l’efficacité énergétique, les maisons écologiques peuvent être dotées de :

  • une isolation adéquate
  • une récupération de la chaleur solaire
  • des échangeurs de chaleur
  • des appareils ménagers et de chauffage de haute efficacité
  • des fenêtres écoénergétiques
  • un éclairage écoénergétique
  • des énergies renouvelables alternatives telles que le solaire et l’énergie éolienne permettent aux habitants de réduire jusqu’à deux fois leur consommation d’énergie.

Vie saine

Les gens passent, en moyenne, 90% de leur temps à l’intérieur où la qualité de l’air peut être de trois à quatre fois plus polluée que celle de l’extérieur. Les causes sont multiples et variables, comme par exemple, la ventilation, souvent inadéquate, la fumée, les matériaux de construction comme les peintures, et les panneaux de particules qui émanent des composés organiques volatils (COV), etc.

Les symptômes les plus courants d’une mauvaise qualité de l’air sont les maux de tête, les yeux qui brûlent, la fatigue et les troubles respiratoires comme l’asthme (dont un enfant sur cinq souffre).

L’habitation écologique ne nuit pas à la santé des occupants, c’est un milieu sain bâti avec une sélection de matériaux non-toxiques. L’emploi du bois, de la céramique et des finis naturels ainsi qu’une ventilation adéquate évite les problèmes de santé reliés à l`humidité et aux poussières. Si les installations électriques sont placées hors des zones fréquentées par les occupants, on limite les champs électromagnétiques qui peuvent causer des problèmes de santé.

Ressources naturelles

À chaque fois qu’une ressource naturelle est extraite, transformée et transportée, l’environnement est modifié. La quantité de bois que l’on utilise lors de la construction, la rénovation et le maintien d’une maison nécessitent la production constante de 1,5 acres de forêt. Les Canadiens, par exemple, consomment 350 litres d’eau par personne par jour à domicile, ce qui est démesuré par rapport à la disponibilité de l’eau potable.

Les habitations écologiques utilisent des matériaux provenant de sources moins néfastes pour l’environnement et l’utilisation de ceux-ci se fait de façon efficace. Cela entraîne donc une réduction de déchets lors de la rénovation/construction. Les items suivants sont fortement conseillés :

  • matériaux recyclés
  • bois certifié écologique, en particulier portant le label FSC (Forest Stewardship Council) attestant que le bois provient d’une forêt gérée de façon durable
  • appareils réduisant la consommation d’eau
  • robinets et des pommes de douches à faible débit
  • toilettes de six litres par chasse ou moins

Pour plus d’information (d’ailleurs, mon texte a tiré largement des deux dernières pages web citées ici) :

Site du Conseil du bâtiment durable du Canada :

http://www.cagbc.org/Content/NavigationMenu2/Programmes/LEED/systmesdvaluationdeLEEDCanada/Habitations/default.htm

Page d’accueil d’Écohabitation, l’organisme qui gère le système d’évaluation des bâtiments durables LEED au Québec :

http://www.ecohabitation.com/

Première maison LEED Platine au Canada :

http://www.ecohabitation.com/actualite/nouvelles/maison-ecohabitation-premiere-maison-leedr-platine-canada

Construire vert, ça rapporte :

http://www.ecohabitation.com/leed/avantages

Pourquoi l’habitation écologique?

http://www.ecohabitation.com/pourquoi